Écriture

Pourquoi éviter les descriptions dans ses écrits

Le titre peut sembler surprenant et un peu extrême. Les descriptions font parties des techniques les plus anciennes et les plus utilisées dans l’histoire de l’écriture. Quand elles sont bien utilisées, elles permettent de créer une atmosphère, de donner du contexte aux événements et de donner l’impression au lecteur d’être immergé dans l’histoire, auprès des personnages.

Seulement c’est une technique avec laquelle beaucoup de gens semblent avoir des difficultés. Souvent, ce n’est pas la seule difficulté pour un écrivain qui débute. Selon mon expérience, certains écrivains considèrent les descriptions comme une épine dans le pied. Ces mêmes écrivains peuvent réussir à écrire des personnages intéressants, des conflits intrigants et des dialogues superbement menés. Leur travail n’est pas génial, mais ils parviennent à conserver l’attention du lecteur, et on reconnaît leur potentiel.

Malheureusement, à force d’être en compétition avec les descriptions, d’essayer de trouver quoi décrire, et comment le décrire, peut être source d’inquiétude et de frustration. Pour ces écrivains, les descriptions sont presque une langue étrangère, et ils n’ont pas la moindre idée de comment la parler. Ils ne savent pas comment faire en sorte que ça fonctionne dans leur histoire. Même s’ils ont d’autres talents, le fait de ne pas maîtriser cette technique les empêche d’écrire de la prose et il leur faut trouver une autre avenue pour leur créativité.

Les descriptions sont souvent retenues comme étant la chose principale qui différencie les romans/nouvelles d’autres travaux d’écriture. La pièce de théâtre, les scénarios, les comics, n’ont par exemple aucune description. Ils nous montrent les choses. Les livres ne possèdent pas ce luxe, alors ils doivent contenir des descriptions. Le fait qu’il faille obligatoirement mettre des descriptions dans leurs récits peuvent embarrasser bons nombres d’écrivains. Leur livre paraitra incomplet s’il ne contient pas des pages et des pages de description dense.

Il existe un moyen très facile de palier à ce problème, si je peux me le permettre :

Imaginez pendant un instant que vous parlez à un ami et que vous allez lui raconter quelque chose d’intéressant qui vous est arrivé. En racontant votre anecdote, vous allez sûrement vous étendre sur les gens de l’histoire, ce qu’ils faisaient, pourquoi ils le faisaient, et où ils le faisaient. Allez-vous décrire, en détails, à quoi ressemblez ces gens ? Allez-vous passer plusieurs minutes à décrire le lieu ? Si votre histoire se situe dans un parc, par exemple, allez-vous décrire à quoi ressemble le parc ?

Il y a de bonnes chances pour que la majorité d’entre vous répondent quelque chose comme « Oui, mais seulement si c’est nécessaire à la compréhension de l’histoire ».

Voilà la clé. On parle beaucoup des descriptions, mais le fait est que c’est simplement un autre outil, tout comme le dialogue, et il peut être utilisé de manières diverses, selon le besoin.

Si vous écrivez une scène où votre personnage entre dans un salon et tout ce que le lecteur a besoin de savoir est qu’il y a un canapé et une télé, alors c’est tout ce qu’il faut dire. Pas besoin de se forcer à écrire trois pages en décrivant les détails qui ornent le tapis, ou la matière dans laquelle est fabriquée les rideaux, ou la façon dont la lumière de la lampe se reflète sur les murs. Ecrivez simplement « Jenny est entrée dans le salon. Il y avait un canapé et une télé. » Et ensuite, racontez votre histoire.

Il ne s’agit pas d’une idée radicale. Bons nombres d’auteurs connus, comme Ernest Hemingway, Elmore Leonard, et Isaac Asimov, n’utilisent pas beaucoup de descriptions, et décrivent seulement ce qui est essentiel à l’histoire pour qu’elle avance. D’un autre côté, il existe aussi de très bonnes histoires qui ont peu de dialogues, mais beaucoup de descriptions. Ces livres fonctionnent très bien ainsi, donc votre livre peut très bien marcher avec peu de descriptions.

Parmi les lecteurs de cet article, il y a certainement des écrivains qui aiment les descriptions, et les utilisent comme moyen pour améliorer leur histoire. A vous, je dirais, continuez d’utiliser des descriptions autant que vous le souhaitez.

Lorsqu’il est question d’écriture, chacun devrait être libre d’utiliser tous les outils, toutes les forces qu’il possède, pour raconter la meilleure histoire possible. N’écoutez pas les gens qui disent : « Votre prose doit avoir beaucoup de descriptions » ou tout autre sottise de ce genre. Racontez des histoires en utilisant la meilleure manière que vous connaissez pour les raconter. N’écoutez personne sauf vous. Ignorez tous les autres.

Ce qui m’inclut également.

 

Article traduit de l’anglais « Don’t Use Description in Your Writing »

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